Le blog de Félix

dimanche 11 mars 2012

Retrouvailles (1ère partie)

La journée d’hier fut marquée par mes retrouvailles avec Anthony, Nina et Julie, les trois amis avec qui j’avais passé les années de prépa, et que je n’avais pas vus depuis plus de deux ans. Je n’avais, en effet, maintenu aucun contact depuis la fin de mes études, étant donné la honte et le sentiment de malaise que j’éprouvais à révéler le fait que je n’avais rien fait du tout durant cette période. Nina m’avait envoyé à plusieurs reprises des SMS me demandant de mes nouvelles, auxquels je n’ai trouvé le courage de répondre qu’après une longue période, réponse qui s’est concrétisée sous la forme une lettre Word dans laquelle j’avais tenté d’expliquer ma situation le plus sincèrement possible, comme une sorte de confession, au risque de paraitre sous un jour loin d’être parmi mes meilleurs. Je lui avais dit à la fin, comme ça, que j’aurais bien voulu la revoir, histoire d’essayer de reprendre contact, mais ma lettre était restée sans réponse (ce que je ne pouvais pas vraiment lui reprocher, étant donné ma propre lenteur à répondre). L’absence de réponse n’avait fait que concrétiser mes craintes : qu’elle trouve ma situation lamentable, qu’elle n’ait plus envie de me revoir, qu’elle ait trouvé le ton de la lettre trop personnel (ne m’étant pas contenté d’envoyer un “tout va bien” de rigueur émaillé de banalités), ou que sais-je encore. Le silence a ceci de terrible qu’il nous fait imaginer tout et n’importe quoi — en particulier les pires choses — mais un message de bonne année envoyé sur mon portable début janvier 2012 m’avait montré qu’elle ne m’avait pas oublié.

Il se trouvait que, il y a de cela une semaine, je pensais justement à elle quand — coïncidence troublante — j’ai reçu un message de sa part m’invitant à aller avec Anthony et Julie à une “nuit Tim Burton” organisée dans un cinéma parisien. Je ne sais pas pourquoi ils avaient pensé à moi comme ça, toujours est-il que j’ai spontanément eu le réflexe de dire oui, ce qui n’aurait peut-être pas été le cas il y a un an ou deux, mais du temps avait passé, j’avais sans douté évolué dans ma façon de voir les choses et j’étais à présent content de les revoir, je m’en voulais de ne pas leur avoir donné de nouvelles et je pensais qu’ainsi, je pourrais sans doute renouer avec eux, me rappelant les souvenirs d’il n’y a pas si longtemps. Cette impatience à les rencontrer était toutefois contrebalancée par une forte appréhension due au fait que je ne les avais pas vu depuis longtemps (mais je n’avais, de toute façon, vu personne d’autre de la prépa, de l’école d’ingénieurs ou autres), et que je me demandais ce que j’allais ressentir en les revoyant.
J’avais l’impression, de mon côté, d’avoir beaucoup évolué durant ces deux années sur ma façon de voir les choses, mon rapport au monde, la façon de sentir et d’analyser mon comportement, celui des autres et du monde alentour, comme si cette solitude en quelque sorte forcée et subie (même si personne d’autre que moi-même ne me l’étais imposée) m’avait obligé à prendre du recul, à creuser l’introspection, à affuter mon sens critique et ma capacité à analyser les choses alors même que durant ce temps, je m’étais paradoxalement coupé du monde ; comme si j’étais devenue un peu une autre personne dans ma façon de comprendre les choses, comme sorti d’un brouillard.

Si j’appréhendais quelque peu, c’est d’une part parce que j’avais le pressentiment (qui s’est finalement avéré faux) de subir comme une sorte de choc, comme lorsqu’on passe brutalement du froid au chaud, sauf que là, il se serait agi d’une sorte de passage brusque du passé au présent, d’une représentation idéalisée mentalement à sa concrétisation brutale. Il se trouve en effet que, comme je ne les avais pas vu depuis deux ans, l’image que je me faisais d’eux, associée à des événements passés et révolus, se trouvait comme coupée du présent, d’autant plus que j’avais l’impression de ne pas avoir vécu à 100 % ces moments passés — comme presque tous les moments passés, d’ailleurs — comme si ce que j’avais vécu appartenait à une autre vie. D’autre part, et c’est bien là ce qui motivait le plus mon appréhension, était le sentiment persistant et très lourd à porter de culpabilité, celui d’être jugé négativement, ici, en l’occurrence, parce que je n’avais rien fait depuis deux ans, alors que tous les autres gens de ma situation travaillent depuis longtemps. Toutefois, comme j’avais déjà averti Nina par lettre de ma situation ainsi que de mes états d’âme, je supposais qu’elle en avait déjà touché mot à Anthony et Julie et qu’ainsi, ce que je leur dirais ne leur apparaitrait pas comme une surprise.

(A suivre…)

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dimanche 23 octobre 2011

Avant-première

Avant-première, mardi dernier, du nouveau film de Bruno Dumont Hors Satan, organisée par les Cahiers du Cinéma. La revue proposait un contingent de places, offertes aux abonnés qui se manifesteraient le plus rapidement par e-mail, et j’ai eu la chance d’en faire partie. Cette vélocité à répondre m’avait déjà valu, le mois précédent, une invitation à une autre avant-première, celle du film de Philippe Garrel Un été brûlant. Ce dernier ne m’attirait a priori pas particulièrement (et mes craintes s’avèrent fondées à l’issue de la projection, le film ne m’ayant effectivement pas plu) mais j’avais sauté sur l’occasion, me disant que cela serait l’occasion de voir un film d’un réalisateur que je ne connaissais pas. Peine perdue. Mais avec Dumont, c’était une autre affaire étant donné que j’avais vu tous ses précédents films et que j’avais, de toute manière, prévu de voir Hors Satan, avant-première ou pas. Le gain de la place arrivait donc à point nommé.

Ce rendez-vous mensuel des Cahiers, constitué d’une avant-première suivie d’un cours débat (qui se déroulait au Club de l’étoile, dans le XVIIe à Paris — un cinéma qui sert apparemment avant tout aux projections de presse) avait été inauguré par le film de Garrel ; on en était donc à sa deuxième séance, pour laquelle la salle était un peu plus clairsemée que pour la première. Il faut dire que la projection d’Un été brûlant s’accompagnait de la présence des acteurs Louis Garrel et Monica Bellucci, qui attirent peut-être davantage les foules que Bruno Dumont. Mais (et c’est une chose que j’ai remarquée à force d’écouter de nombreux commentaires audio sur DVD), les réflexions d’acteurs et ceux de réalisateurs n’ont souvent pas la même qualité, ce qui s’est vérifié une fois de plus ici. Les comédiens semblent en effet souvent s’en tenir à la surface des choses, aux détails insignifiants lorsqu’ils parlent d’un film, tandis que les cinéastes possèdent une capacité d’analyse de leur propre travail autrement plus profonde.

Hors Satan

Bruno Dumont s’est, à ce titre, très bien prêté au jeu du questions / réponses. On voit bien, en regardant son film et en l’entendant parler, qu’on a affaire à un véritable artiste, un créateur, de ceux pour qui tourner est une façon d’exprimer avec des images ses sensations les plus profondes, sans faire la moindre concession aux règles cinématographiques traditionnelles, a fortiori céder aux sirènes du cinéma commercial. S’ensuivent donc des films âpres, dérangeants, d’une singularité parfois radicale. Hors Satan ne dérogeait pas à la règle, et poussait même encore plus loin la recherche esthétique ainsi qu’un certain ascétisme qui s’étaient déjà manifestés dans les œuvres précédentes.

Il s’agit d’un film dominé par l’aspect visuel, en particulier les paysages (en l’occurrence ceux du Nord de la France, d’où Dumont est originaire). A partir de là, le réalisateur créé un personnage de vagabond, pauvre ère sorti de nulle part auquel une jeune fille du cru (une ado au look gothique) s’est attaché. Cet anti-héros, à la fois ange et démon, va tour à tour s’illustrer aussi bien en tant que faiseur de miracles qu’en redresseur de tort radical. Un comportement assez paradoxal (son côté “saint” est annulé par sa violence) que j’ai souligné lors de la séance de questions / réponses, ce à quoi Dumont me répondit que l’intérêt était justement là, dans cette cohabitation des deux extrêmes au sein du même personnage.

Dans ce film, Dumont déploie à nouveau son univers poétique et déroutant : acteurs non professionnels, dialogues réduits au strict minimum, histoire sans grande importance qui accumule les détails insignifiants ; bref, autant d’éléments qui ne font que décupler la puissance de certaines scènes insolites, couplé en cela par la splendeur des plans et des paysages. Le réalisateur semble alors s’embarquer sur la voie d’une sorte de mysticisme athée, à la lisière du fantastique, même si chacun est libre d’interpréter cela comme il l’entend.

Je pense de plus en plus que le grand cinéma, c’est justement ce qui relève de ce genre d’expérience, que l’on peut retrouver chez des cinéastes comme Carlos Reygadas, Béla Tarr, Andreï Tarkovski ou Terence Malick, dans les œuvres desquels l’histoire, la progression dramatique et les personnages au sens où les entend habituellement ne sont que secondaires. Les images ne sont là que pour traduire les sensations profondes du réalisateur, même si leur sens explicite n’est pas immédiatement identifiable (et peut-être d’ailleurs ne l’est-il pas non plus chez l’artiste, car c’est avant tout l’inconscient qui s’exprime). Ce sont ces images, ces sons qui vont ensuite entrer en résonance chez le spectateur et le toucher, sans qu’il ne puisse forcément expliquer pourquoi de façon rationnelle, car on est là aussi dans le domaine de l’inconscient et de l’indicible. Il n’y aura pas deux interprétations, pas deux ressentis identiques chez deux spectateurs. Peut-être l’œuvre d’art joue-t-elle le rôle de moyen de communication entre l’artiste et le spectateur, mais de façon détournée, indirecte, car ce n’est pas ce qui est représenté qui se communique, c’est ce qu’il y a derrière. Une communication qui n’est donc pas univoque ni complètement traduisible de façon claire, puisqu’il va dépendre d’une part de la personnalité de chaque individu, et d’autre part parce qu’il fait appel à l’inconscient, auquel on n’a jamais totalement accès. C’est assez difficile à expliquer, mais c’est ainsi que je vois les choses…
[Ajout, le 26/11/2011 : Je viens de lire dans Les Cahiers du cinéma des propos de Philippe Garrel qui expriment exactement le même chose : “Le but ultime (et c’est aussi celui que cherche Stanislavski), c’est de favoriser l’entrée en lice de l’inconscient. On comprend bien que quand on dit une chose consciemment, on dit en même temps quelque chose d’inconscient. A travers ce qu’on dit, il y a le lapsus permanent de cc qui nous obsède. Il faut parvenir à laisser s’exprimer cet inconscient qui parle. Ca ouvre l’inconscient du spectateur qui commence à penser inconsciemment à des choses parallèlement à sa lecture du film, qui n’ont pas forcément un rapport direct avec les situations, qui ne relève pas de l’identification mais d’une association d’idées par rapport à ce qui lui est présenté.” 
C’est toujours très curieux de conceptualiser quelque chose et de se rendre compte plus tard que quelqu’un d’autre avait déjà trouvé exactement la même chose, dite avec des mots différents. D’autant plus que, dans le cas de Philippe Garrel, je n’ai pas aimé son film pour lequel je trouve que ce qu’il décrit ne s’applique pas…]

J’ai eu l’occasion de poser deux questions (mais j’aurais pu en trouver bien d’autres), l’une sur l’ambivalence du personnage principal (voir plus haut), et l’autre sur le fait qu’un film qui faisait à ce point la part belle aux paysages aurait pu évoquer un road movie, alors que c’était l’exact contraire qui nous était montré, puisque les personnages n’évoluaient pas dans l’espace. Un spectateur a évoqué les événements du film qui relevaient du fantastique et de l’inexplicable, notamment (selon lui), un oiseau que l’on voyait faire du sur place, ce à quoi Bruno Dumont a répondu qu’on pouvait très bien leur trouver une explication, et que l’alouette est un oiseau qui pratique bel et bien le vol stationnaire. Comme quoi, un manque de connaissances ornithologique peut parfois faire voir de l’inattendu là où il n’y a rien…
Un autre a posé une question sur un ton très étonnant, comme aurait pu le faire un journaliste branché récitant quelque chose de façon mécanique et artificielle pour se donner un genre. Peut-être s’agissait-il simplement de quelqu’un de peu sûr de lui, qui avait besoin de surjouer en employant un ton spécial pour oser parler en public.
Fut également évoquée la copie 35 mm, à qui allait la préférence du réalisateur par rapport à une projection en numérique. “Vous mêmes, vous êtes chimiques.” a dit en substance Dumont pour étayer sa préférence pour la pellicule, plus naturelle selon lui. Je trouve ce genre de débat (numérique contre analogique) très instructif, avec une foules d’arguments que l’on peut trouver dans un sens comme dans l’autre, mais il n’était bien entendu pas question, ce soir-là, de s’appesantir trop longtemps là-dessus.

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mercredi 19 octobre 2011

Points de suspension.

« Combien de temps cela durera-t-il ? Qui peut le savoir ? On prévoit volontiers, dans les second cercle de mon entourage, que je me lasserai vite, que Paris me manquera, et que je m’ennuierai bientôt, dans les solitudes du Lectourois. Je laisse dire, quoique de ma vie je ne me sois ennuyé. On ne sait jamais. Ce qui est certain c’est que pour le moment ce grand changement dans quoi je me suis lancé ne me donne que des satisfactions, sous forme d’un immense afflux et d’un renouvèlement de saveur à la vie. Il fallait que quelque chose arrive, et quelque chose est arrivé. Ce quelque chose c’est Plieux, qu’il me faut sauver comme je peux ; ce sont mes chiens, que je ne connais pas encore ; c’est le silence de la nuit ; c’est l’histoire et la poésie sous la main, dans les jambes, dans le froid, sous la bêche et dans le “croissant” ; c’est la vraie couleur des saisons, le juste poids des heures, la vraie durée du temps ; c’est Eliézer, aussi, sans qui je n’eusse pas eu le courage, certainement, de me lancer dans pareille aventure. Tout va très bien, tout concorde. Je n’ai pas besoin d’être un écrivain, puisqu’un écrivain c’est si peu de chose, parmi nous. Il me suffit d’écrire, comme on jette un mot dans une bouteille, sur l’océan des âges, comme on trace des lettres sur le sable, sans y penser, parce qu’on a trouvé sur la plage un bâton ou un caillou, comme on creuse des noms et des dates sur des tombeaux, en attendant la mousse ou l’armaguedon. C’est bien. Personne ne vous entend, ne vous lit, ne vous répond, sauf deux ou trois promeneurs volontairement égarés, parce qu’ils avaient comme vous le goût des chemins et des phrases écartés. Il n’en faut pas plus ; surtout si l’un ou l’autre de ceux-là, un jour, dit à quelqu’un avoir rencontré une inscription curieuse, au cours de ses pérégrinations, une page qui l’a intrigué, un message d’un ton particulier. Ainsi nous serons inscrits dans le grand réseau des signes et des questions, même si nous n’y sommes qu’un accent de travers, des guillemets qui se ferment sans s’être jamais ouverts, une virgule, une apostrophe, des points de suspension… »

Renaud Camus, Le Château de Seix : Journal 1992

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vendredi 29 juillet 2011

Nocence

L’espace de liberté se réduit indéfiniment, il me semble. Etre dispose de moins en moins de jeu. Le développement démographique, la massification de l’existence, la corrélative montée de la nocence et la chute consécutive de la confiance mutuelle font qu’il est devenu nécessaire de tout réglementer, le territoire et le temps, l’accès à tout. Ceux qui nous suivrons, qui nous suivent déjà, n’auront aucune idée de la liberté dont nous jouissions, dans notre in-nocence révolue. Chaque fois qu’un imbécile grave son nom avec un clou ou le bout d’une clef plate sur une statue de bronze, sur la paroi d’un édifice public ou dans un jardin ; chaque fois qu’un voleur emporte un ostensoir ou vide les troncs dans une église ; chaque fois que des voyageurs trouvent tout naturel de mettre dans leurs valises les serviettes de la salle de bain, dans un hôtel, ils rendent le monde un peu plus dur, un peu moins libre, un peu plus étroitement condamné à la contrainte et à la restriction.

Renaud Camus, Retour à Canossa : Journal 1999

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samedi 14 mai 2011

"Leviathan" d’Anish Kapoor

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Monumenta 2011, Grand Palais, 11 mai - 23 juin 2011

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samedi 1 mai 2010

Un peu de rien.

alain_finkielkrautIl faut à la pensée des compagnons invisibles, et l’enfant unique a une longue familiarité avec l’invisible. A ou plutôt avait… On mâche aujourd’hui le travail des enfants. Uniques ou pas, ils sont branchés, connectés sur le réseau. Nous n’étions branchés sur rien, nous avions droit au néant. On a, dans l’interminable liste des droits de l’homme et des droits de l’enfant, oublié ce droit fondamental. La machine a eu raison du néant : la machine, c’est-à-dire l’écran sous toutes ses formes et surtout le téléphone, dont je me demande s’il n’est pas en train de devenir l’invention la plus catastrophique des temps modernes. Tout le monde téléphone partout, tout le monde téléphone tout le temps. Les adolescents ont leur ligne et leur portable. Ils sont accaparés continuellement par leur monde. Il n’y a plus de brèche ou d’interstice par où pourrait s’engouffrer un peu de rien dans cette effrayante plénitude.

Alain Finkielkraut
(entretien avec Marie-Claude Tarnero-Pansart, revue Autrement n°186 : L’Enfant unique, la mauvaise réputation, 1999)

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vendredi 5 février 2010

"Loin" de Renaud Camus

« Jean se réjouit de le traverser et le retraverser en tous sens, il s’y enchante des lumières à tout instant changeantes, il s’y attache à des ciels bas autant qu’aux éclaircies bousculées par le vent, quand un soleil pâle court comme un cabris d’une pente à l’autre. Et il comprend à merveille l’attachement du poète et de sa sœur pour ce morceau de province escarpée et lacustre, qu’on croirait un vestige oublié du monde d’avant la chute. »

Renaud Camus, Loin

Loin

« Un homme s’éloigne. » : c’est là tout ce que l’on peut lire sur la quatrième de couverture du dernier roman de Renaud Camus. Errance sur les routes de France et d’Angleterre, au volant de sa voiture, de celui qu’on devine être une sorte de double de l’auteur : esthète, antimoderne (il n’a pas de portable), nostalgique. « Moi, je suis une espèce qui disparaît. », reconnaît-il. Sa rencontre avec une jeune fille naïve qui est tout son contraire, et avec qui il fait un bout de chemin, donne lieu à des échanges explicites et amusants, à la lisière de l’absurde. Rétif face aux conformismes de son temps, aux incivilités, à la musique « boum-boum », il ne peut que constater, impuissant, la déculturation, le délabrement de la langue et la disparition de l’héritage spirituel de l’Europe, symboles d’une humanité qui « se dépouille d’elle-même ». Mais il ne vitupère ni ne bougonne pas pour autant : il y a là au contraire un calme résigné, désenchanté, encore capable d'apprécier çà et là les éléments épars qui donnent leur prix à la civilisation. Mais pour cela, l'homme opprimé par la masse et la promiscuité doit sans cesse s'en aller. Loin.
La balade est poétique, le style tantôt léger, tantôt puissant, les vicissitudes de la vie quotidiennes côtoient la profondeur du spleen face à un monde à la dérive. Voyage sans but, sinon celui de s’enfuir d’une époque dans laquelle on ne se reconnaît plus. Et Renaud Camus de conclure : « Circonscrire autant que possible les ambitions. Tordre le cou aux espérances. N'attendre rien. Rabattre tout futur, en permanence, sur le moment présent. Habiter l'instant. Être là, très là. Et d'autant plus vivant qu'à demi-mort, déjà. »

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samedi 19 septembre 2009

Les fleuves impassibles.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs

Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre


Cela fait maintenant plus d’un mois et demi que j’ai fini mon stage, et j’ai passé tout ce temps dans une sorte d’apathie, qui semble faire écho à celle qui l’avait précédé. Incapable de vraiment me motiver pour trouver quelque chose, j’avais fini par obtenir un stage dans une boîte de BTP, pour faire peu ou prou la même chose que l’année précédente, à savoir rien de bien intéressant. La perspective ne m’enchantait guère mais, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j’essayais de me persuader, malgré tout, que cela ferait l’affaire. Peine perdue. On faisait vaguement miroiter la perspective d’une embauche lors de l’entretien de stage, mais compte tenu de ma prestation et de la conjoncture actuelle, l’occasion ne se présenta évidemment pas, ce qui, chose peut-être inattendue, me soulagea grandement. 

Depuis lors, comme paralysé par les nouvelles perspectives qui s’offrent (ou pas) à moi, je suis resté là sans rien faire, me disant tous les jours que je devais continuer à rédiger mon rapport, sans jamais parvenir à le faire. J’ai juste acheté un nouveau home-cinema, vendu des DVD sur le web, perdu du temps devant Internet, à ne rien faire, à réfléchir à des tas de trucs plus ou moins utiles sur moi, la vie et le monde, sans jamais parvenir à ce que cela débouche sur quoi que ce soit de concret. Je crois ne pas être sorti de chez moi depuis une semaine, n’ai vu presque personne. Même ma mère ne me voit et ne me parle plus depuis quelque temps, alors que nous habitons dans la même maison. C’est l’avantage d’une maison à étages, me direz-vous, le fait de pouvoir vivre chacun de son côté sans se croiser.
J’ai récupéré du temps de sommeil mais reste fatigué, dors neuf heures par nuit, fait tout en décalage de deux heures par rapport au rythme habituel, mets un temps infini pour faire la moindre chose.

J’ai l’impression que mon stage s’est terminé il y a des années, qu’il a commencé il y a de cela des décennies ; quand aux souvenirs de l’école, ils remontent à encore plus loin, comme si je n’avais pas été là, comme si tout cela faisait partie d’un autre temps, d’un autre monde. Je ne suis tout simplement pas là.
Je reste persuadé tous les jours que j’arriverai à me mettre au travail le lendemain. Oui, je sais, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond...

Le monde se divise en deux : ceux qui font plein de choses sans se poser de questions, et ceux qui s’en posent plein et ne font rien. Vous aurez compris celle à laquelle j’appartiens, bien que ne m’étant pas posé les bonnes questions assez tôt, d’où mon désarroi. J’y reviendrai plus tard…


Kicking_and_Screaming

Pour finir sur une autre touche, j’ai revu récemment en DVD un film que j’aime beaucoup, Kicking and Screaming de Noah Baumbach. En plus, je me retrouve un peu dans le sujet, celui d’une bande d’étudiants, qui, après avoir obtenu leur diplôme, sont incapables d’affronter le monde réel, et préfèrent rester sur leur campus, dans une sorte de vague ennui.   
Un film à petit budget (le premier de son réalisateur) qui n’est hélas jamais sorti en France et est disponible uniquement en DVD américain chez l’excellent éditeur Criterion.

Comme dans ses autres films tels que The Squid and the Whale et Margot at the Wedding, Baumbach a une façon touchante de représenter les relations entre les êtres, à travers des scènes douces amères, à l’humour décalé, ironique. Il s’en dégage quelque chose de profondément émouvant.

Ci-dessous, une scène du film, la dernière (qui en fait se situe chronologiquement précédemment car c’est un flash-back). Je ne sais pas si c’est vraiment représentatif du film mais je l’aime bien. C'est en VO pure (anglais), car de toute façon il n'existe pas de traduction de ce film.

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dimanche 3 mai 2009

Eternel recommencement...

Que de temps a passé depuis mon dernier message ! Comme d’habitude, j’aurais pu (ou pas) écrire des centaines de choses… Je réfléchis toujours autant, mais j’écris toujours aussi peu. Ce n’est pas forcément l’envie qui manque, c’est juste que toutes ces pensées restent dans ma tête comme si l’effort nécessaire à retranscrire cela par écrit (car il en faut ; tout écrire tel quel ne serait pas satisfaisant) n’en valait pas la peine. Je n’ai donc guère eu le courage de m’y mettre. Mais j’ai beaucoup pensé, à tel point que j’ai l’impression d’être détaché de tout, comme si, en même temps que j’agissais ou que je regardais quoi que ce soit, il y avait cette analyse qui venait se greffer par-dessus.

On peut penser tout le temps, en faisant autre chose, sans début, sans fin, sans structure ; sans but prédéterminé, bref, sans formalisme.
Mais dès que l’on veut exposer cela par écrit, tout change : il faut une cohérence, des règles. On a à peine commencé une phrase que, par association d’idées, des tas d’autres viennent à l’esprit, et on se retrouve sans savoir par quel bout on va continuer. Et quand bien même l’aurait-on déterminé, il reste encore un nombre incroyable de possibilités de continuer la phrase. Et, et c’est peut-être le plus terrible de tout, il faut que tout cela tienne. Quand on pense, c’est pour l’idée. L’écrit la fige sur le papier au moyen d’un style, et si le style n’est pas bon, tout le texte est foutu. Et une fois que c’est fini, il ne reste plus que lui quand vous vous relisez. Il y a plein de textes que j’ai écrit sur ce blog et que j’ai trouvé très mauvais en me relisant, à tel point que je les ai supprimés, en partie ou en totalité. J’ai aussi supprimé d’autres passages, pour d’autres raisons. Et il y en a que j’ai commencés sans jamais les mettre au propre. Je n’en avais même plus envie, ou je me disais que je n’avais pas le temps pour ça. Et après, j’avais oublié.
Bref, voilà mes médiocres excuses pour ne pas avoir mis ce blog à jour. Mais cela va changer… Je sais, je l’ai déjà dit. Mais j’ai pensé à tellement de choses qu’il y a vraiment des tas et des tas de choses à dire.
Et puis j’ai envie d’écrire, depuis quelque temps déjà. Pas seulement ici, mais ça fera un bon entraînement. Je sais, je l’avais déjà dit dans mon tout premier message, il y a quatre ans de cela ! On en est (presque) toujours au même point, sauf que j’ai (un peu) changé. Quand même. J’ai l’impression de me rendre compte de davantage de choses, et de façon plus singulière, depuis quelque temps. J’ai toujours eu l’impression de penser de façon différente… J’y reviendrai. 

Plein d’idées, mais finalement si peu de réel. Les choses semblent se répéter encore et toujours, inlassablement.
L’année scolaire et les études se sont terminées, définitivement cette fois. Cela m’a fait bizarre, sur le coup, et durant les quelques jours qui précédèrent. Toujours cette sensation bizarre de « fin »… Mais, comme d’habitude, tout a disparu assez rapidement, et cela semble appartenir définitivement au passé désormais. Quand je repense à ces trois années d’école, ne demeurent que quelques images fugitives mais presque pas de sensations, comme si j’étais une fois de plus passé à côté de tout. Je me sens complètement coupé de tout ce que j’ai vécu durant ces trois ans, sûrement parce qu’en fait, il n’y avait absolument rien. Sentiment étrange…

J’ai commencé mon travail de fin d’études, à mon grand désespoir, pourrais-je dire, mais j’y reviendrai. Le plus déprimant, c’est que je me retrouve à nouveau embarqué dans une routine de laquelle je me sens prisonnier, et que je fais quelque chose qui ne me convient pas, et donc ne m’intéresse pas vraiment. Mais, à la différence de tout ce qui avait pu ce passer jusqu’à présent, il n’y aura plus d’études ensuite, mais le monde du travail et, d’un sens symbolique, un tournant… ou pas ? Le bon en avant, le saut dans le vide… ou la route qui continue, vers nulle part ? Les choses s’annoncent de façon extrêmement incertaine pour moi, pour ne pas dire pessimistes… Encore qu’il ne s’agisse que d’une façon d’envisager, de voir, de prendre conscience des choses. Et il se trouve justement que je suis devenu lucide sur plein de choses… J’y reviendrai, aussi. J’espère bien écrire autant que possible.
Il faudrait aussi que je consacre quelques messages à parler de livres ou de films qui en valent la peine… Ca viendra . Wait and see. L’histoire continue… 

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mercredi 31 décembre 2008

Fin de l'année 2008.

Petit post en vitesse ! J’ai toujours envie d’écrire plein de choses ici, des billets un tant soit peu développés sur tout et rien mais je me rends compte que bien écrire prendrait un certain temps et comme je suis toujours en retard dans ce que je dois faire, cela finit toujours par passer au second plan.

Comme toujours, j’ai mis à profit ces deux semaines de vacances pour faire tout sauf ce que j’aurais dû faire.

david_lynchLu un livre d’entretiens de David Lynch que mon père m’avait pris à la bibliothèque. Il doit penser que je suis un fan du bonhomme et il m’avait d'ailleurs déjà acheté un livre sur Lynch. Mais je ne suis pas un fan de Lynch (d’ailleurs, je n’ai aucun de ses films en DVD), mais je trouve que c’est quand même un cinéaste intéressant. J’aime bien sa série télé Twin Peaks et Eraserhead n’était finalement pas si mal que ça quand j’y repense (ma mère l’avait acheté en VHS, allez savoir pourquoi…) J’ai vu certains de ses films. Ceux qu’il me reste à voir sont soit chez mon père (qui les enregistré à la télé), soit chez ma mère (qui les a en DVD) mais les premiers sont doublés et je n’ai pas envie de voir les seconds.

werner_herzogPlus intéressant que Lynch, Werner Herzog (dont j’avais déjà mentionné l’existence ici même), que la rétrospective intégrale en son honneur au centre Pompidou m’interdit de passer sous silence. Tout Herzog ! Oui, vous avez bien lu. A part un petit court-métrage qui n’a jamais été distribué, on peut revoir tous les documentaires et œuvres de fiction de l’homme qui faisait passer les bateaux par-dessus les montagnes, y compris son tout dernier, Encounters at the End of the World, inédit chez nous. L’occasion de voir, comme il le dit lui-même, la ligne entre ses fictions et ses documentaires n’est pas clairement définie. Herzog hait le cinéma vérité et veut se placer au-delà, à la recherche d’une « vérité extatique ».
Précédemment, le seul film d’Herzog que j’avais vu au cinéma n’était paradoxalement jamais sorti en France en salles, c’était Rescue Dawn. Ses films de fictions (et quelques documentaires), je les avais achetés en DVD américains ; autant dire que cette rétrospective est avant tout pour moi l’occasion de redécouvrir ses documentaires les plus méconnus. Sur les trois que j’ai vus pour l’instant, on trouve du bon et du moins bon. On passera sans regret sur Jag Mendir, filmage un peu longuet d’un spectacle indien, mais on se précipitera sur Echos d’un sombre empire, génial portrait du grotesque, terrifiant et pitoyable Jean-Bedel Bokassa. A ranger aux côtés du film que Barbet Shcroeder avait consacré à Idi Amin Dada, autre despote africain.
Tous les films sont passés trois fois chacun et cela dure jusqu’à début mars, autant dire qu’il n’y a pas de raison pour ne pas y aller. Pour rester dans l’ambiance, on pourra réécouter sur le net les interviews qu’il a récemment accordées à la radio au cours de diverses émissions, ou acheter les deux livres qui viennent (ou doivent sortir) à son sujet, surtout Conquête de l’inutile (son journal écrit lors du tournage de Fitzcarraldo). Je l’attends, celui-là ! Mais avant, il me reste à lire Le cinéma américain des années 70, par Jean-Baptiste Thoret, qui s’annonce s’intéressant pour qui veut un peut comprendre un mouvement cinématographique dans son ensemble et le restituer dans sa période.


Bande-annonce rétrospective Werner Herzog

orson_welles_touch_of_evilPuisque qu’on parle des grands, il en est un qu’on ne peut pas omettre non plus, c’est Orson Welles, tellement en avance sur son temps qu’il en souffrira. Quand on commence sa carrière par l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, on pourrait penser que c’est plutôt bien parti, non ? Pas à Hollywood, en tout cas. Après cela, Welles n’aura pratiquement plus jamais le final cut. Les studios n’aiment pas ses films, et les massacrent au montage. Définitivement tricard aux Etats-Unis, il devra cachetonner un peu partout pour trouver des financements, et même s’exiler en Europe afin de pouvoir tourner.
Si j’ai eu l’occasion de m’intéresser à nouveau à lui, c’est que je viens de voir l’édition 50ème anniversaire de La Soif du mal qu’Universal à sorti en DVD aux Etats-Unis. Quand Welles avait accepté de mettre en scène ce film où il ne devait au départ que jouer le rôle du méchant, il commence par réécrire l’histoire et transforme une banale histoire policière en chef-d’œuvre du film noir. Evidemment, le studio n’aime pas, remonte le film à sa sauce et, outrage suprême, engage un tâcheron pour retourner des scènes. Welles écrit alors un mémo de 58 pages pour leur dire pourquoi cela ne va pas, mais sans grand effet. Il faudra attendre 40 ans pour qu’un remontage minutieux à partir de ses notes puisse aboutir à une version plus proche de ses intentions originales. Universal, qui a bien sûr retourné sa veste depuis, nous propose une édition DVD bien fournie avec trois versions du film, quatre pistes de commentaires audio, quelques documentaires et un fac-similé du fameux mémo. Le DVD est décidément un médium extraordinaire pour ceux qui s’intéressent aux films en détail.

Pour rester dans le cinéma, j’ai aussi recommencé à chercher quelques musiques de films sur Internet. Comme je ne sais pas trop quoi écouter, je me suis donné en point de mire les films que j’avais déjà. Sur mes environ 280 films en DVD, il y en a presque 200 pour lesquels j’ai pu récupérer la musique, que ça soit en téléchargement ou sur CD. On trouve vraiment quelques perles sur le net, notamment en ce qui concerne les musiques « intégrales » de films, même pas vendues dans le commerce, mais aussi pour toutes les musiques épuisées, rares, etc. J’ai pu télécharger, par exemple, la musique de Gummo, de Pink Flamingos, de The Brown Bunny, de Santa Sangre, de White Dog, de Cobra Verde, de Invasion Los Angeles des premiers films de Peter Jackson (Bad Taste, Braindead, Les Feebles), de La Nuit des morts vivants, de Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia et autres. Pour ce qui est des BO « intégrales », j’ai trouvé celle de True Romance, de Kids, de Dawn of the Dead, des Blues Brothers, de Starship Troopers, de La Horde sauvage, des Chiens de paille, etc. (dont certains sont faits par des fans qui les ont réassemblées). Le tout, sans avoir recours au peer-to-peer, juste en trouvant des fichiers sur Rapidshare et autre par l’intermédiaire de blogs ou de forums. Ca a été long, mais ça en valait la peine, et puis j’ai noté plein d’adresses de blogs intéressant. Le tout est de savoir chercher. Il me manque toujours la musique de Woman on the Beach, mais je l’achèterai peut-être en CD. Woman on the Beach était, avec Two Lovers et Vicky Cristina Barcelona, l’un des meilleurs films « romantiques » de l’année.

Je n’ai par contre pas vraiment cherché de stage de fin d’étude, comme j’aurais dû le faire. J’attends toujours qu’un cabinet d’audit me fixe un entretien (il n’en reste plus qu’un qui puisse faire l’affaire) mais je pense qu’ils ne commencent à la faire qu’en janvier.

Je devais faire un projet mais à chaque fois que j’ai un travail à faire en groupe, je dis aux autres qu’on se verra pour le faire, comme à mon habitude je traîne et au bout d’un moment ils me disent qu’ils ont déjà fait la moitié du truc tout seuls. C’est encore le cas ici, où mon binôme du moment vient de m’envoyer le projet à moitié fait alors que j’ai à peine lu le sujet. Ca me gêne un peu, finalement, mais je me dis que si je m’y étais mis moi aussi, le travail aurait été fait en double. Nous avons quatre projet à faire par groupe de quatre (le même à chaque fois). La répartition est la suivante : deux font deux projets ensemble, et les deux autres font les autres. Voilà la méthode de travail dans mon école…

Sinon, j’ai continué les leçons de conduite, je ne suis pas allé à un repas avec tous les anciens de prépa car on m’a prévenu « à l’arrache » une demi-heure avant, et j’ai été avec ma mère pour enfin changer mes lentilles et mes lunettes, qui tombaient en morceaux. Au soir du premier jour avec les nouvelles lentilles qu’on m’a données pour voir si je m’y habitue, je constate une légère gêne, ce qui est bizarre car avec les précédentes, je ne les sentaient jamais, même si je les nettoyais qu’une fois tous les quatre ou cinq jours et si j’ai à peine utilisé en trois ans le stock de lentilles qu’on m’avait vendu pour six mois. Peut-être que c’est comme les chaussures ou les brosses à dents, il faut s’y habituer avec le temps, que ça s’use pour que ça devienne confortable. J’ai gardé ma dernière paire de lentilles plusieurs mois.

Pour le réveillon du Nouvel An, j’irai chez mon père, comme chaque année. Il y a des choses qui ne changent pas, du moins jusqu’à présent ! Il faudra que je me mette sérieusement à chercher un stage, bien que ce qui m’inquiète le plus, c’est que cela ne m’inquiète pas plus que ça. J’enverrai sûrement un e-mail à Nina pour le Nouvel An. J’ai essayé de reprendre contact avec elle, enfin un peu… J’ai aussi retrouvé une autre Nina sur Facebook. J’ai aussi retrouvé un ancien du collège. Enfin « retrouvé », à peine, finalement… J’en parlerai une autre fois ! En tout cas, dimanche prochain, sauf cas de force majeure, je serai à Beaubourg pour voir Encounters at the End of the World.

Bonne année à tous.

Posté par bad Mr Frosty à 17:48 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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