"Dellamorte Dellamore" de Michele Soavi
Francesco Dellamorte (Rupert Everett), gardien solitaire et désabusé du cimetière de Buffalora, et son fidèle assistant, Gnaghi (un simple d'esprit qui ne sait dire que "Gna !") ont fort à faire depuis que les morts sortent de leurs tombes. Comme dans les films de Romero, il faut leur tirer une balle dans la tête pour les envoyer définitivement ad patres, ce que fait consciencieusement Dellamorte. Jusqu'au jour où il tombe amoureux d'une troublante jeune veuve...
Dellamorte Dellamore est un film qui ne ressemble à aucun autre. A la fois gore et drôle, macabre et poétique, le film comporte assez d'effets sanguinolents pour être considéré comme un film d'horreur, et assez d'humour pour passer pour une comédie. Mais on ne tombe jamais dans la parodie ou la lourdeur car le comique vient de l'absurdité des situations et des dialogues pince-sans rire débités d'une façon sérieuse. Mais c'est aussi une ambiance tranquillement mélancolique qui transparait. Bénéficiant d'une excellente mise en scène et d'acteurs impeccables, le film est suffisamment étrange pour susciter différentes interprétations. Métaphore d'une histoire d'amour impossible (la femme aimée qui semble à chaque fois se réincarner, pour mieux disparaître ensuite) ? Symbole de l'esprit perturbé du héros ? Loin de répondre définitivement à ces questions, la fin reste dans le même ton que le reste : "J'aurais dû le savoir. Le reste du monde n'existe pas."